Programme

Batouala

À partir de l’œuvre de René Maran (prix Goncourt 1921)

Batouala

Combiner musique, oralité, danse et image animée

Le projet consiste à mettre en scène et en musique le caractère poétique du roman Batouala de René Maran grâce à une diversité de moyens artistiques : recours à une création musicale et chorégraphique, utilisation d’images animées en s’appuyant sur la force expressive du texte original.

Il sera un hommage rendu par les arts de la scène à la beauté littéraire de Batouala dont le récit suscite la projection, l’identification dans l’esprit du lecteur. Cette qualité littéraire est tellement forte qu’on ne peut pas la travestir ; on doit garder le texte originel. L’œuvre de René Maran est faite pour être dite et non pour être interprétée. Le projet ne consistera donc pas à faire une adaptation théâtrale classique. Grâce à la musique et en dialogue avec le texte, il s’agira d’être au cœur de la culture centrafricaine, dans sa sensibilité et dans son humanité.

Le spectacle devra faire passer au public le souffle du récit. Les spectateurs seront amenés à revivre le parcours de découverte d’un René Maran étranger au monde qu’il observe mais empathique, confronté à une civilisation bien plus noble à ses yeux que celle enseignée dans les grandes écoles de l’empire.

La combinaison entre musique, oralité, danse et images a pour objectif de garder le mouvement du roman, sa fluidité orale, en phase avec l’oralité de la culture que l’administrateur colonial célèbre.

Pour poser des images sur le récit, les moyens techniques du théâtre d’ombres de Jean-Pierre Lescot seront utilisés avec des recours au dessin, aux outils numériques, à l’infographie, à la mise en mouvement de la danse guidée par la musique.

Le spectacle a vocation à être présenté dans le cadre des programmations de grandes institutions théâtrales ou musicales et aussi, sous une forme plus légère, à toucher le public scolaire, que ce soit en France, en Belgique ou au Grand-Duché du Luxembourg, mais également dans les pays de l’Afrique noire francophone, notamment dans les établissements où l’œuvre de René Maran est enseignée.

 

René Maran
Un écrivain à redécouvrir d’urgence

René Maran est un précurseur singulier du mouvement de la négritude, un auteur de portée universelle et dont les thèmes relatifs à la nature et à la condition humaine sont d’une brulante actualité.
Prix Goncourt en 1921, son roman Batouala est d’une immense richesse langagière. C’est un hymne à la culture banda de Centrafrique et une subtile dénonciation des excès de la colonisation à une époque où peu d’Européens avaient conscience de ses méfaits.
Grand serviteur de l’État en tant qu’administrateur colonial et écrivain noir d’origine guyanaise et martiniquaise, son témoignage unique et le regard ébloui qu’il porte sur une culture africaine peu connue en métropole nous invitent à questionner notre propre ethnocentrisme, à mieux appréhender la diversité culturelle du monde dans une période où les tentations du repli identitaire semblent plus que jamais progresser.
René Maran se dévoile bel et bien comme un auteur antillais, attaché à l’importance de l’homme dans la nature, conscient qu’il est de l’importance des hybridations culturelles pour construire à la fois un imaginaire nouveau et une citoyenneté moderne qui unisse. Après tout, n’était-il pas le porteur d’une mission civilisatrice ? Cette mission ambivalente, il a su en laisser un héritage précieux, celui d’une communion transatlantique des littératures.

Batouala
Un roman de portée universelle et d’une criante actualité

Dans son roman, René Maran se laisse imprégner par un océan de représentations endogènes à l’Afrique, où l’univers et la divinité se confondent, où tout y participe – humains, végétaux, animaux, sols, rivières – gérant (ou non) les multiples interactions provoquées par les accidents de la vie : relations entre masculin et féminin, sexualité, fécondité, confrontations des appétits, celui du lion comme celui des humains, liens sociaux qui s’enracinent profondément dans les lignées dont chacun est issu, rapports au pouvoir, au sacré…
Batouala traite avec brio une succession de sentiments contradictoires, tourbillonnant autour d’émotions telles que la jalousie ou l’aspiration au dépassement de soi, enveloppés par une nature qui n’est pas vécue comme la chose des humains, mais comme une actrice vivante de leur destin avec laquelle l‘homme combine et ruse.
Le récit est un véritable spectacle qui donne une leçon d’humanité et qui a, en un siècle, cristallisé comme jamais la fierté des Centrafricains au point d’en devenir leur propre patrimoine littéraire. Le cœur de l’Afrique se révèle ainsi riche de sa culture. Dans l’esprit des Centrafricains, c’est le peuple centrafricain qui hérite désormais du prix Goncourt.

Le spectacle Batouala
Selon Jean-Louis Sagot-Duvauroux

La forme retenue est celle d’un oratorio ou « opéra de chambre » dont la charge essentielle (projet artistique et gestion de la production) revient à Thierry Pécou et à l’Ensemble Variances.
L’intervention de Jean-Pierre Lescot « à travers les ombres » prendra la forme de projections sur un cyclorama avec des images immersives caractérisant chaque moment du spectacle.
La dramaturgie a d’ores et déjà été esquissée par la rédaction d’un séquençage de tableaux successifs. Celui-ci évoluera en fonction des avancées du concept en lien avec la chorégraphie.
La mise en scène sera à préciser à l’occasion de ces résidences de travail en contact étroit avec Thierry Pécou pour répondre aux questions dramaturgiques et textuelles qui se poseront.
Le spectacle commencera avec « l’avant-propos », texte tiré de la préface du roman et dit dans la puissante sobriété que Bibi Tanga lui donnera. Ensuite, nous serons invités à plonger dans l’univers onirique de Batouala.

Batouala en musique au cœur du projet scénique
Selon Thierry Pécou

Le roman de René Maran est émaillé d’une profusion d’images, de situations, de sensations qui nourrissent l’imaginaire et rendent ce livre foisonnant propice à un prolongement théâtral et musical.
La présence du feu, des sons de la nature environnante, la description quasi ethnographique des fêtes, cérémonies et coutumes de la culture des Bandas, le chant, la musique, sont des éléments omniprésents dans le texte de René Maran.
Les cultures centrafricaines ont fait l’objet de nombreuses études, relevés et enregistrements ethnomusicologiques depuis les années 1960. Tout en m’appuyant sur les travaux de Paulette Roulon-Doko ou de Shima Arom, en m’inspirant des musiques bandas - notamment des fameux orchestres de trompes et des complexes polyphonies rythmiques des tambours de bois à fente, en incluant l’imaginaire des mondes végétal et animal, il s’agira de créer un univers sonore en résonance du texte de Batouala.
J’incorporerais des enregistrements de terrain à une écriture musicale réinterprétant très librement les relevés et analyses ethnomusicologiques. Je créerai un dialogue continu entre la musique et le texte parlé ou chanté, en jouant sur le principe de translation : recréer pour une formation instrumentale occidentale moderne l’esprit, la couleur, les structures fondatrices d’une autre musique, sans pourtant chercher à l’imiter.
L’ouïe est constamment sollicitée à la lecture du roman. Aussi, dans cette adaptation de Batouala, la musique prendra un rôle central et moteur du déroulement dramaturgique, créant une forme particulière d’opéra composé de récits, de sons et d’images.

Centenaire du prix Goncourt de René Maran

Concert-hommage à René Maran dans le cadre du centenaire du prix Goncourt de son roman Batouala à la BNF, le 1er décembre 2021

L'équipe

MUSIQUE
Thierry Pécou, compositeur au croisement des traditions écrites et des traditions orales

DRAMATURGIE
Jean-Louis Sagot-Duvauroux, essayiste et dramaturge engagé dans la coopération franco-africaine

CONCEPTION VISUELLE ET SCÉNIQUE
Jean-Pierre Lescot, maître du théâtre d’ombres et des arts de la marionnette

CHORÉGRAPHIE
Qudus Onikeku, danseur et chorégraphe alliant performance acrobatique et danse méditative

EXPERTISE SCIENTIFIQUE
Paulette Roulon-Doko, linguiste et ethnologue

DISTRIBUTION
Acteur : Bibi Tanga
Ensemble Variances (distribution prévisionnelle : 2 musiciens percussionnistes, 2 instrumentistes à vents, 1 musicien pianiste)
1 marionnettiste
2-3 danseurs

 

Informations

PILOTAGE
François Grosjean, acteur, metteur en scène, producteur de spectacles, ancien directeur du Grand Parquet (Paris), ainsi que des Alliances françaises de Bangui (RCA) et de Trivandrum/Cochin (Kerala/Inde)

ASSISTÉ DE
Éric Force, initiateur du projet, expert en relations économiques et techniques franco-africaines

Pour l’Ensemble Variances
Jean-François Ramon, président de l’Ensemble Variances, ancien directeur de l’Institut français de Stuttgart (RFA), de l’Arsenal (Metz) et de l’Alliance française de New Delhi, ancien Conseiller culturel (Ambassade de France au Luxembourg)
Charlotte Dumas, administratrice
Jeanne Miramon, chargée de diffusion

 

CONTACTS

FRANÇOIS GROSJEAN / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / +33 (0)6 33 51 28 11

JEAN-FRANÇOIS RAMON / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / +33 (0)6 28 42 42 39

CHARLOTTE DUMAS, administration / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / +33 (0)6 58 43 51 50

JEANNE MIRAMON, diffusion / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / +33 (0)6 23 01 96 38

 

Avec le soutien de l’Association Victor Hugo, Luxembourg