Takwali

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À la rencontre des Wayãpi

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Présentation

C’est sur les rives de l’Oyapock, au cœur de l’Amazonie guyanaise, que Thierry Pécou a choisi de réaliser sa prochaine création Takwali – À la rencontre des Wayãpi.
Accompagné par les musiciens de l’Ensemble Variances et l’artiste-vidéaste Laure Subreville, le compositeur ira à la rencontre de ce peuple amérindien, dont les musiques ont été étudiées en profondeur par l’ethnomusicologue Jean-Michel Beaudet, et de leur extraordinaire tradition de clarinettes en bambou, les « tule », qu’ils pratiquent en formation collective.

Comment tenter une expérience de création musicale partagée, là où la musique et sa pratique revêtent des significations et des fonctions profondément éloignées des nôtres ?
Comment rendre possible un dialogue entre un idiome musical relevant de l’oralité d’une singularité et d’une homogénéité fortes, et notre propre univers culturel et musical ?
C’est une réponse collective que l’Ensemble Variances et les Wayãpi proposent en réalisant une œuvre musicale et visuelle immersive, qu’ils donneront à voir et entendre en novembre 2020 en partageant la scène en Guyane après plusieurs semaines de résidence.
Ainsi, musique et images se tisseront, faisant surgir des interactions entre les musiciens occidentaux et wayãpi présents sur scène et à l’écran. Plongée par l’image et le son dans la forêt amazonienne et l’univers des « tule », cette forme de cinéma-vérité nous conduira peut-être vers une expérience radicale de la répétition, issue de l’esprit des musiques wayãpi.

Le public vivra ainsi une création inouïe à la croisée de l’anthropologie, de la création musicale et des arts visuels ! 

Notes d'intention

Thierry Pécou

Laure Subreville

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Note d'intention
Thierry Pécou

Comment tenter une expérience de création musicale partagée avec les amérindiens de Guyane française, là où la musique et sa pratique revêtent des significations et des fonctions profondément éloignées des nôtres ? Comment rendre possible un dialogue entre un idiome musical relevant de l’oralité d’une singularité et d’une homogénéité fortes, et notre propre univers culturel et musical ?

Sur les rives de l’Oyapock, en plein cœur de l’Amazonie, à la frontière guyanaise et brésilienne, nous essaierons de répondre à ces questions. Nous irons à la rencontre des Wayãpi de Guyane et de leur tradition musicale appelée « tule », du nom des grandes clarinettes en bambou qu’ils jouent en pratique collective. Les musiques des Wayãpi ont été analysées en profondeur par l’ethnomusicologue Jean-Michel Beaudet, plus particulièrement les compositions pour les tule, nommées « suites ». Celles-ci sont fondées sur des motifs répétitifs en sons entrecroisés : chaque son d’une mélodie est individuellement distribué à un tule et les différents tule jouent en se relayant de manière à former la ligne mélodique. Sur ces clarinettes de bambou aux timbres riches et complexes, les lignes mélodiques vibrent, portées par un balancement rythmique rendu légèrement fluctuant par le jeu en mouvement des musiciens-danseurs. Les musiques des Wayãpi semblent s’inscrire en résonance avec l’environnement végétal et animal de la forêt amazonienne. Elles témoignent en réalité d’une volonté d’élaboration, d’extension humaine à la fois en synergie et en rupture avec le milieu naturel.

Se rencontrer

Les analyses, relevés et enregistrements de Jean-Michel Beaudet me guideront pour la création de quelques courtes pièces pour instruments occidentaux (clarinettes, saxophones) imaginées à partir de principes des musiques wayãpi. Munis de ces quelques pièces, les musiciens de l’Ensemble Variances m’accompagneront au bord du fleuve Oyapock, au cœur de la forêt, pour rencontrer un groupe de musiciens wayãpi. Nous leur jouerons nos musiques, nous écouterons les leurs... Lors de ces moments d’échanges, en alternance – ce mode alterné faisant écho, peut-être, à la structure caractéristique des musiques tule ? – je serai attentif à ce qui pourra naître entre les deux parties. L’écoute mutuelle pourra inspirer, amender le jeu des musiciens m’accompagnant et également provoquer des réactions et des transformations inattendues chez les musiciens wayãpi. La confiance une fois établie, des tentatives de partage de l’espace sonore, sous des formes que seule l’expérience sera en mesure de nous révéler, pourront surgir ou être provoquées dans un esprit ludique et de confrontation curieuse. Parallèlement, l’artiste et vidéaste Laure Subreville captera en son et en images ces moments de rencontres ainsi que la luxuriante nature environnante.

Réaliser, faire partager...

De ces images et enregistrements sonores témoignant de notre expérience dans la forêt et de nos échanges avec les musiciens wayãpi, nous tirerons une matière à la fois documentaire et esthétique. La mise en forme de cette « matière » fera l’objet d’une collaboration étroite avec Laure Subreville. Ce matériau vidéo sera structurellement associé à la composition musicale. Il en sera un élément constitutif tandis que se retrouvera au cœur de la partition conçue pour clarinettes et saxophones en dialogue avec un ensemble de tule, ce qui aura surgi des échanges entre les musiciens de l’Ensemble Variances et les musiciens wayãpi. Ainsi musique et images se tisseront, faisant surgir des interactions entre les musiciens de l’Ensemble Variances et les musiciens wayãpi présents sur scène et à l’écran.
Cette réalisation, conçue comme une œuvre musicale et audiovisuelle immersive, sera présentée en Guyane sur le littoral et sous une forme allégée dans la forêt à Camopi, puis en France métropolitaine. Plongée par l’image et le son dans la forêt amazonienne et l’univers des tule, cette forme de cinéma-vérité nous conduira peut-être vers une expérience radicale de la répétition...

Thierry Pécou

 

 

 

Note d'intention
Laure Subreville

Il s’agit d’abord d’une rencontre entre musiciens au cœur de la forêt guyanaise.

Les instruments et les traditions sont différents mais chacun voyage vers le partage d’une musique. Camopi, village seulement accessible par le fleuve Oyapock, est bordé par la végétation opaque qui agit comme une barrière naturelle entre les hommes et l’eau. On regarde le Brésil sur l’autre rive.

Le film est insulaire et se tient au croisement des frontières. C’est une répétition en continu des gestes de la musique comme ceux du travail quotidien. Les concerts n’ont pas une place à part à l’écran, mais ils sont intégrés dans une géographie particulière et le cycle routinier du village. Le film avance au rythme du soleil et comme un fleuve qui coule, la musicalité, les sons et la résonance du lieu sont omniprésents. La musique fait le lien entre le visible et l’invisible, entre Camopi et la forêt, entre lʼhumain et le non-humain, entre la fiction et le documentaire.

Laure Subreville

 

Effectif

Thierry Pécou, composition musicale
Laure Subreville, réalisation vidéo
Carjez Gerretsen, clarinette
Nicolas Prost, saxophone
Nn, clarinette
Nn, saxophone
Ensemble wayãpi de clarinettes tule

Plus d'informations

Avec l’aimable participation de Jean-Michel Beaudet, ethnomusicologue

En partenariat avec la Sacem

L’Ensemble Variances est soutenu par Ministère de la Culture et de la Communication - Drac Normandie, Région Normandie, Spedidam, Sacem, Ville de Rouen, Odia Normandie, Onda. L’Ensemble Variances est membre de Fevis, Futurs Composés, Bureau Export et Profedim. Il est membre du Groupement d'Employeurs Solstice, subventionné par la Région Normandie. Caisse des dépôts, premier mécène de l’Ensemble Variances en 2019.

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